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Zénith de Menargues

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Julien Chastain
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Parti politique

mer. 22 mai 2019 19:17

Le public attendait patiemment quand Julien Chastain arriva. Il était loin d'être un des principaux candidats de cette campagne mais c'était l'occasion de redonner sa vigueur au parti, de lui donner un visage et d'obtenir une certaine visibilité qui lui manquait, tout en le rénovant du bas en haut. Julien arrivait par le fond de la salle afin de saluer en passant les quelques militants sur le bord gauche des places. Puis il monta sur la scène, et tandis que la salle s'obscurcissait et que la scène s'éclairait, il salua le public dans son ensemble, s'approcha du pupitre où il y avait quelques notes manuscrites sur un papier un peu froissé et un verre d'eau. Il lu en diagonale ce qu'il avait préparé en quelques instants puis assez rapidement s'avança vers la salle comble.

Camarades, nous allons ce soir passer un cap qui mettra le Parti sur la voie de jours meilleurs,
Camarades, ce soir, je vais énoncer devant tous les électeurs ce que sera le Parti,
Nous allons changer et réformer ce qui le doit être.

Nous devons devenir ceux qui font et non plus ceux qui dénoncent. Nous n'allons pas comme ces partis traditionnels nous mettre à gouverner complaisamment en attendant que l'opposition s'insurge puis nous emparer de ces plaintes fondées pour agir -comme ces gens-là l'on par exemple fait avec l'union républicaine pour les homosexuels. Nous serons de ces gens-ci qui gouvernent avec une mission constante et non un pouvoir constant. Nous voulons des mandats guidés par l'impératif et non le représentatif. Voilà la première voie que nous explorerons, le renouvellement de la démocratie ostarienne. Car ce n'est pas de la démocratie que d'avoir un pouvoir incomplet et plein de défaut, tous les X ans ; élire des représentants omnipotents sur une durée déterminée est un pouvoir de société aristocratique, car cela revient à désigner une aristocratie capable de gouverner et cela revient à se déclarer incompétent dans la gouvernance. Or je pense que tout un chacun peut et doit posséder un pouvoir direct et intemporel sur la politique aussi longtemps que ce système de domination perdurera. Ce n'est pas de l'intérêt des plus forts qu'est fait la démocratie, mais de la défense des plus faibles. Aussi longtemps que des minorités seront défavorisées et qu'il n'y aura pas une majorité de législateurs pour y remédier, notre système sera pourri. La République Populaire proclamée par un MAP était une dérive du socialisme et ne mener que vers un système totalitaire qui allait de pis en pis en fondant injustement sa puissance sur un prétendu bonheur inaccessible dans ces conditions.

Il ne suffit pas d'oppresser également toutes les gens pour amener l'égalité libératrice. Il faut non seulement mettre chacun sur un pied d'égalité mais aussi réduire d'autant sur chacun le poids de l'état. Bien sûr l'oppression ne se limite qu'en désarmant l'état contre le citoyen, et en l'armant contre le système économique qui n'est devenu rien de moins qu'une exploitation privée. Le "privilège" des états autoritaires à affamer, déporter, menacer, anéantir, a été privatisé pour placer la Finance et le Capital comme uniques maîtres du jeu, à tel point qu'on ne peut plus entendre un politique qui ne soit guidé par la peur de voir les richesses s'envoler de son pays avec ses riches détenteurs vers des pays plus cléments avec les criminels économiques. Car oui, oppresser l'ouvrier pour lui faire dégorger le plus d'argent possible, le presser comme une orange et s'approprier la grande partie de sa production c'est un crime économique. On vous fera croire que ces riches gens sont des hommes forgés d'eux-mêmes que leur richesse est la réalisation de toute leur vie, que vouloir leur ôter pour nourrir la mendiante et l'affamé est un crime contre son labeur. Il n'y a pas pire mensonge, car avant toute réussite individuelle, il y a une réussite collective. Placez ces gens-là, seuls dans un désert, ils n'arriveront jamais à s'enrichir, car l'historie de toute leur fortune n'a été que l'exploitation des masses et le vol de leur surtravail. Bien sûr, notre système politique leur a permis d'y parvenir, c'est seulement avec la complicité des états et des législateurs que des modèles de la réussite capitaliste peuvent surgir de la Terre et éblouir le populo pour lui détourner le regard de la lutte qu'il devrait mener. Avec ces modèles ont fait croire à la réussite individuelle, on dit au prolo "Regarde, toi aussi, si tu travailles et obéis à notre système, tu pourras devenir riche. Ce modèle est la preuve que notre système permet aux honnêtes gens d'atteindre leur but." pour l'empêcher d'entendre le miséreux demandant deux sous pour manger un bout de pain, ce soir.

Bien sûr, dans leurs discours éhontés, on ne parle que de réussite, de mérite, on dit qu'il faut travailler durement pour être récompensé, on prend en exemple cet homme d'affaire qui possède aujourd'hui huit puits de pétrole et qui a dû vendre des journaux pour investir en bourse. Quid des femmes battues élevant trois enfants dans des quartiers insalubres au milieu de gens aux moeurs réactionnaires ? Quid de ces justes qui travaillent 10 heures par jour en usine et vont quand ils ont enfin un peu de temps aider les sans-abris, leur apporter une soupe ou une couverture ? Quid de tous ces gens dont le travail est vingt fois supérieur à celui de nos modèles, mais dont le labeur ne rapporte pas une piécette dont tous les efforts ne sont pas comptabilisés ? Le devoir de l'état n'est pas de mettre en avant ces réussites factices mais bien d'offrir aux "modèles" comme aux personnes douées d'humanité, un même statut, une même paix. Ce statut et cette paix devront se faire par l'entremise d'un service public fort qui offrira à chacun l'accès aux soins, à la culture, à des services et à des biens. Ceux-là se baseront sur une politique de redistribution des richesses et de décentralisation. Le centralisme prôné par le MAP d'autrefois a prouvé son efficacité dans une période transitoire mais pour une paix permanente et intérieure, il faut des prérogatives dispersées et gérées au niveau local. Aussi le projet du MAP d'aujourd'hui est un état qui s'effacera au profit de regroupements locaux autogérés qui se dispenseront petit à petit de toute leur utilité lorsque le peuple lui-même pourra se gérer de lui-même. Car hélas, le peuple n'est pas en capacité de se gérer actuellement, il y a des puissants, des mendiants, des éclairés, des entêtés, du conservatisme réac paysan aux illuminations sectaires, notre peuple est gangrené d'éléments délaissés qui se sont tournés vers ce qui leur promettait des jours meilleurs ; notre peuple est gangrené de despotes en puissance, se croyant prépotents seulement du fait de leur fortune, des exploiteurs, des tortionnaires ; notre peuple est gangrené de moralistes, gangrené d'oubliés du système, abandonnés à la violence, gangrené d'inégalités. Pour résoudre ce problème, il faut fournir un égal accès à l'éducation, à l'aide sociale, à la santé, à la culture. Il ne faut plus créer des droits mais des contraintes. Nous n'offrirons plus le droit aux pauvres d'accéder à une aide sociale mais nous les contraindrons à l'accepter. Les taux de non-recours dictés par le poids créé de l'individualisation de sa situation est inacceptable. Non, nous ne sommes pas seuls responsables de nos situations. Non, il n'est pas honteux de demander une aide pour finir dignement sa fin de mois.

La seule contrainte en somme que nous mettrons en place sera celle de l'égalité. Dans tous les autres domaines : la liberté. Liberté de procréer ou non, de se marier ou non, d'avorter ou non, de croire en ce que l'on veut, de voter qui l'on veut, de dire ce que l'on veut, de faire ce que bon nous semble. Si quiconque veut se droguer, se prostituer ou même être mangé par un cannibale. Libre à lui, lorsque la contrainte privée est éloignée, lorsque le peuple est éclairé, la contrainte publique ne doit exister. Par exemple, se prostituer sans être forcé par un proxénète et en toute connaissance de cause, est un acte tout à fait tolérable. Se droguer quitte à mourir dans deux ans lorsque l'on est jeune en sachant ce que l'on risque, ne pourrait être condamné par l'Etat. L'Etat ne doit pas dire ce qu'il faut se faire ou ce qu'on doit accepter des autres, son rôle n'est pas de condamner ceux les prostitués et les masochistes, il ne doit pas faire croire en une dignité universelle du corps qui est née en même temps que la religion et qui ira la rejoindre -en théorie dépassée qu'elle est- dans son tombeau lorsque l'humanité aura été libérée de ces jougs. L'Etat doit informer et réparer les préjudices causés. La révolution, la contre-révolution, ou la déviance ne pourraient être considérées comme des préjudices, notre République devra condamner les préjudices mais jamais les offenses. Or ce n'est qu'une offense de se droguer, de se suicider, de se mutiler, de se prostituer, de pratiquer le cannibalisme, d'avorter ou de pratiquer la sado-masochisme, de même que certains trouvent cela offensant de porter des chemises vertes et des cravates à pois. Va t-on punir les partisans de la chemise verte et les militants pour les cravates à pois ? Non, alors ne punissons pas les drogués, les suicidaires, les mutilés, les prostitués, les cannibales, les femmes avortant, les sado-masochistes. Prévenons-les et offrons-leur les moyens de leur liberté, comme à tous les autres. Les moyens de la liberté est la limitation des contraintes au strict minimum. Le champ de la liberté commence où le travail nécessaire finit, il faut que notre état offre cette situation à chacun. Pour cela il faut d'une part anéantir l'oppression publique en conformant nos lois à l'éthique qui se limite à punir les préjudices, c'est à dire, ce qui cause du mal aux autres ; d'une autre part, il faut limiter l'oppression privée en collectivisant le travail et les moyens d'existence.
Si on est libre dans nos moeurs et que nul ne peut nous obliger contre rémunération à un acte, nous pourrons considérer que nous avons atteint une société libertaire et que son peuple sera à même de se passer d'état.

Voilà ce que sera notre Parti, un fer de lance de la lutte pour les minorités, le bastion de la liberté, un laboratoire d'idées nouvelles et de destruction des surannées qui polluent aujourd'hui le progrès de notre peuple vers son autogestion. Nous voulons la liberté et l'égalité, et nous n'y arriverons pas si nous y renonçons un seul instant au nom du bien et du bonheur suprême de l'humanité. Voilà notre Parti : un parti révolutionnaire libertaire et égalitariste. Cette doctrine sociale et libertaire, cette doctrine sera la nôtre, cette doctrine sera l'Harmonisme, car notre but est bel une harmonie sociétale dans laquelle l'homme pourra vivre sans gouvernance.

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